Viviana Meschesi 1/3
 

L’Art de Luca Zanchi et Valérie Honnart est sans aucun doute dangereux. Dangereux car courageux. Dangereux car capable de dévoiler un aspect refoulé de la pensée européenne : la mort.Leur art-tanato aux limites du rationnel  s’ouvre à l’intuition des non-lieux de l’origine, l’alfa et l’omega de l’existence.

 Entre mythologie et religion les deux artistes se rattachent à toute une série de symboles archétypaux, qui facilitent la “lecture” du parcours.
Comme des structures vides,  ces symboles se remplissent d’une portée sensible et originale, qui confère à ces deux jeunes artistes une identité artistico- existentielle forte.
Mais ce qui m’a le plus touchée sont les références philisophiques.

Platon dit:

(pour qui aime la philosophie) continue à se dédier à ses occupations mais reste fidèle en chaque chose à la philosophie et au mode de vie quotidienne. Mieux que quiconque cela le rend intelligent, en possession de sa mémoire et capable de raisonner en toute maîtrise de soi. 

Qui maîtrise la forme dans un contexte rationnel, réussit à traduire avec succès toute vision.
Ce n’est pas l’apannage seul du philosophe, l’artiste aussi maîtrise la forme et traduit de façon intelligible son intériorité.
Ce n’est pas un hasard si la philosophie naît du croisement entre la sofia   Σοφια  -  Saggezza    et la mania Μανία -  Folie dans lequel l’ouverture au divin reste le fondement.

Si la Σοφια pousse le philosophe artiste à expérimenter ses capacités intellectuelles, la composante  Μανία lui garantit l’au-delà. Cette intuition est le fondement de la Θαυμαζειν (capacité à s’étonner) : cette idée platonico-aristotélicienne qui met l’homme à la recherche d’une expression possible.

 

 
 

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