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L’Art de Luca Zanchi et Valérie
Honnart est sans aucun doute dangereux. Dangereux
car courageux. Dangereux car capable de dévoiler un
aspect refoulé de la pensée européenne : la mort.Leur
art-tanato aux limites du rationnel s’ouvre à l’intuition
des non-lieux de l’origine, l’alfa et l’omega de l’existence.
Entre mythologie et religion les deux artistes se
rattachent à toute une série de symboles archétypaux,
qui facilitent la “lecture” du parcours.
Comme des structures vides, ces symboles se
remplissent d’une portée sensible et originale, qui
confère à ces deux jeunes artistes une identité
artistico- existentielle forte.
Mais ce qui m’a le plus touchée sont les références
philisophiques.
Platon dit:
(pour qui aime la philosophie) continue à se
dédier à ses occupations mais reste fidèle en chaque
chose à la philosophie et au mode de vie quotidienne.
Mieux que quiconque cela le rend intelligent, en
possession de sa mémoire et capable de raisonner en
toute maîtrise de soi.
Qui maîtrise la forme dans un contexte rationnel,
réussit à traduire avec succès toute vision.
Ce n’est pas l’apannage seul du philosophe,
l’artiste aussi maîtrise la forme et traduit de
façon intelligible son intériorité.
Ce n’est pas un hasard si la philosophie naît du
croisement entre la sofia Σοφια -
Saggezza et la mania Μανία - Folie
dans lequel l’ouverture au divin reste le fondement.
Si la Σοφια pousse le philosophe artiste à
expérimenter ses capacités intellectuelles, la
composante Μανία lui garantit l’au-delà.
Cette intuition est le fondement de la Θαυμαζειν
(capacité à s’étonner) : cette idée
platonico-aristotélicienne qui met l’homme à la
recherche d’une expression possible.
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