Il m’entraine, il m’entraine,
ne le vois-tu pas?
Vers le séjour des
morts
Sous ses noirs
sourcils son regard est sombre
Il a des ailes. Mais
c’est Hadès!
Que veux tu faire ?
lache-moi!
Quelle route,
malheureuse ai-je à marcher.
Alceste,
Je sais que je suis
au coeur de la mort,
que je m’absorbe dans
la tombe,
que je bute sur les
mots.
Mais je vis – d’autres
que moi le savent.
J’attaque, je
déracine, je passe, je défie.
Là où je suis passé
tombent les cataractes d’un autre
monde.
Là où je passe est la
mort, la voie sans issue.
Je demeurerai ainsi –
enclos par moi-même.
ADONIS, Extrait de “Psaume”.